dimanche 25 octobre 2026

1022 & 353./ pchJ-14./ TONY FRUSCELLA (1927-1969/trumpet).- 33 tours paru en 1955. - Première diffusion - 34.

Tony Fruscella (1927-1969) est l'une des figures les plus mystérieuses et tragiques du cool jazz. Trompettiste américain, souvent comparé à Chet Baker, il est admiré par de nombreux musiciens pour la beauté mélancolique de son son, mais il demeure inconnu du grand public. Son jeu se caractérise par un timbre voilé, fragile, presque spectral ; il joue dans les années 1950 avec plusieurs grands noms du jazz, Lester Young, Gerry Mulligan, Stan Getz, Charlie Barnet. Tony Friscella n'a enregistré qu'un unique album, publié sous son nom de son vivant, 'Tony Fruscella (Atlantic, 1955)', parfois réédité sous le titre I'll Be Seeing You. Comme Chet Baker, Tony Fruscella est miné par l'alcool et la drogue. À partir de la fin des années 1950, ses problèmes de dépendance l'éloignent de la scène. Il passe selon certains témoignages davantage de temps en prison ou à l'hôpital qu'à jouer. Il meurt à New York en 1969, à seulement 42 ans. Il a dans la musique de Tony Fruscella une élégance blessée et un sentiment d'errance urbaine, une émotion mélancolique sans emphase, un lyrisme sombre qui semble déjà regarder vers la fin du rêve américain.- Christian-Edziré Déquesnes.

mercredi 21 octobre 2026

1020 & 136./ Pchj 41 ./ CHARLES MINGUS : "Let My Children Hear Music" - 33 tours paru en 1972. - Première diffusion le 07.07.2023 - 38.

'Let My Children Hear Music' (1972) est l'un des sommets de la carrière de Charles Mingus ; Charles Mingus lui-même le qualifie dans les notes originales de pochette de « the best album I have ever made » (« le meilleur album que j'ai jamais réalisé »). Contrairement à ses disques de jazz plus directement inscrits dans le sryle hard bop*, cet album est une œuvre orchestrale ambitieuse. Mingus y travaille avec les arrangeurs et orchestrateurs Sy Johnson et Alan Raph, en utilisant un grand ensemble mêlant jazz, musique classique contemporaine et influences du third stream**. Cet album est fascinant parce qu'il possède la volonté de créer une expérience totale : une musique intellectuellement sophistiquée mais traversée d'émotions brutes, de spiritualité, d'humour et de tragédie. On y retrouve un peu du souffle visionnaire de Duke Ellington, mais avec la tension existentielle propre à Charles Mingus. Une œuvre ambitieuse, personnelle, orchestrée avec magnificence et très longtemps sous-estimée avant d'être reconnue progressivement comme un chef-d'œuvre.- Christian-Edziré Déquenes.
- *Le hard bop est un courant du jazz qui apparaît au milieu des années 1950 comme un prolongement du bebop. Il conserve la virtuosité et la complexité harmonique du bebop, mais réintroduit davantage de blues, de gospel, de rhythm and blues et une expression plus charnelle, plus ancrée dans la tradition afro-américaine. **Le Third Stream (« troisième courant ») est un terme inventé en 1957 par le compositeur et corniste Gunther Schuller pour désigner une musique qui cherche à fusionner le jazz et la musique classique contemporaine.

1022 & 353./ pchJ-14./ TONY FRUSCELLA (1927-1969/trumpet).- 33 tours paru en 1955. - Première diffusion - 34.

Tony Fruscella (1927-1969) est l'une des figures les plus mystérieuses et tragiques du cool jazz. Trompettiste américain, souvent compar...