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vendredi 28 août 2026
1011./ ALBERT AYLER QUARTED with Don Cherry (corner), Gary Peacock (bass) & Sunny Murray (drums) : 'Spirits' & 'Ghosts'. - Extraits du 33 tours 'The Hilversum Session' (1964), réédition parue en 2022.
Albert Ayler est l’un des musiciens les plus singuliers et les plus bouleversants du XXᵉ siècle : un saxophoniste qui a transformé le jazz en cri, en prière, en cérémonie cosmique. Né en 1936 à Cleveland et mort en 1970 à New York, il incarne l’extrême du free jazz — mais aussi quelque chose de plus profond : une musique de transcendance déchirée, de spiritualité en flammes, de révolte sonore. Albert Ayler; saxophoniste ténor, alto, soprano, parfois même cornemuse a été formé dans les églises, les fanfares militaires, le rhythm and blues. Il arrive à New York en 1963, rencontre John Coltrane, Don Cherry, Cecil Taylor ; il enregistre Spiritual Unity (1964), l’un des disques fondateurs du free jazz. Sa musique devient une liturgie sauvage : hymnes, marches, comptines, fanfares, mêlées à des hurlements, stridences, vibratos immenses. Son style est une rupture totale dans le jazz, la musique, il ne cherche plus l’harmonie, ni même la mélodie au sens classique, il recherche l’intensité pure, le son comme force vitale. Vibrato large, presque vocal, cris, râles, sons « laids » volontairement assumés de son instrument ; les thèmes sont simples, presque enfantins, suivis d’improvisations déchaînées. Collages sonores : hymnes nationaux, marches militaires, comptines, fanfares, une musique qui oscille entre l'extase et la catastrophe. Albert Ayler disait : « Je joue pour faire sortir l’esprit. » et c’est exactement ce qu'il offre à entendre, une tentative de libération. C'est une figure tragique, sa vie est marquée par la pauvreté, l’incompréhension critique, la dépendance financière à John Coltrane, des tensions familiales et psychiques.En novembre 1970, Albert Ayler disparaît, son corps est retrouvé dans l’East River vingt jours plus tard et les circonstances de sa morts demeurent mystérieuses. il a laissé des albums, un héritage, essentiels : Spiritual Unity (1964) – le manifeste, Ghosts (1964) – hymnes dévastés, fanfares spectrales, Bells (1965) – une seule pièce, un cri continu, Spirits Rejoice (1965) – extase collective, New Grass (1969) – tentative controversée de fusion jazz‑rock. Mais il me faut citer la 'Hilversum Session' de 1964, c'est l’un des enregistrements les plus purs, les plus incandescents et les plus émouvant d’Albert Ayler : un moment où avec son quartet ils atteinnent une cohésion presque surnaturelle. Enregistrée le 9 novembre 1964 dans un studio radio à Hilversum, aux Pays‑Bas, elle capture Albert Ayler, Don Cherry, Gary Peacock et Sunny Murray à la fin de leur tournée européenne, dans un état de grâce collectif rarement égalé ; le quartet Ayler–Cherry–Peacock–Murray joue ici comme un seul organisme. Les critiques soulignent une intuition télépathique, une écoute extrême, une intensité émotionnelle qui dépasse le cadre du free jazz pour devenir une sorte de rituel sonore. C’est aussi leur dernière session enregistrée ensemble sous le nom d’ Albert Ayler Quarted, une fin, mais une fin en apothéose, captée en studio, devant un petit public invité. C’est un moment où leur langage est totalement mûr : les thèmes sont connus, les structures sont intégrées, l’énergie est libre. Chaque pièce fonctionne comme un hymne dévasté : une mélodie simple, presque naïve, suivie d’une déflagration collective. Ce que l’on entend vraiment - Angels : une marche funèbre transfigurée, Albert yler y déploie son vibrato immense, comme une voix qui pleure et prophétise. - C.A.C : une danse convulsive, un thème cassé, presque grotesque, qui ouvre sur un chaos lumineux. - Ghosts : Le thème emblématique d’Ayler, une fanfare spectrale, une comptine de l’au-delà qui ici, est jouée avec une intensité presque brutale. - Infant Happiness, la pièce signée de Don Cherry : une mélodie enfantine, tordue, qui devient une spirale joyeuse et inquiétante. - Spirits : Une prière déchirée, un souffle continu, un chant de transe. - No Name : Un coda inattendu, plus mélodique, presque apaisé — un dernier souffle avant la dissolution du quartet. Cette session est unique car le son est exceptionnellement bon pour le quartet qui st à son sommet. Les thèmes ayleriens sont joués avec une intensité presque rituelle. C’est un document historique : la dernière trace d'une formation mythique. Une pièce essentielle pour découvrir, approcher, comprendre le free jazz comme liturgie, comme cri métaphysique, comme révolte du son. Albert Ayler compte encore aujourd’hui car il a fait du jazz une expérience liturgique unique, une révolte profonde, une métaphysique sonore, une déflagration du genre jazz. Il est l’un des véritables rares musiciens à avoir tenté de jouer l’âme elle-même, sans médiation, sans compromis, avec une approche brut de la musique. - Christian-Edziré Déquesnes.
samedi 8 août 2026
jeudi 6 août 2026
jeudi 30 juillet 2026
dimanche 26 juillet 2026
1006./ BILLY ECKSTINE : "Blue Moon" (1947) & "How High the Moon ?" (1953) . - Extrait du double album cd "Everything I Have Is Yours", paru en 1994.
Billy Eckstine — Mr. B, baryton‑basse somptueux, chef d’orchestre visionnaire et figure majeure du jazz vocal — fut l’un des artistes les plus influents de l’ère swing et du bebop. Né en 1914 à Pittsburgh et mort en 1993, il a marqué l’histoire par sa voix profonde, son élégance, et par le rôle ain, actif de 1939 à 1993. Il est à placer aux côtés des grands vocalistes américains comme Nat King Cole, Sarah Vaughan ou Frank Sinatra mais il n’était pas seulement une voix : il fut un passeur entre le swing et le bebop ; Avec Earl Hines (1939–1943). Il se fait connaître comme chanteur et trompettiste au sein du Grand Terrace Orchestra d’Earl Hines, enregistrant des succès comme Stormy Monday. Son rôle est décisif dans l’émergence du jazz moderne avec son propre big band (1944–1947) et son orchestre est aujourd’hui considéré comme l’un des berceaux du bebop : Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Miles Davis, Fats Navarro, Dexter Gordon, Art Blakey... Tous ont joué dans le Billy Eckstine Orchestra, qui a donné une impulsion décisive au nouveau langage du jazz moderne. Eckstine fut aussi un icône stylé, célèbre pour ses costumes impeccables et son élégance ; aussi un pionnier pour les artistes afro‑américains, brisant des barrières dans l’industrie musicale et participant à des actions pour les droits civiques. Son influence est majeure sur des chanteurs comme Joe Williams, Arthur Prysock ou Lou Rawls. - Christian-Edziré Déquesnes.
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1011./ ALBERT AYLER QUARTED with Don Cherry (corner), Gary Peacock (bass) & Sunny Murray (drums) : 'Spirits' & 'Ghosts'. - Extraits du 33 tours 'The Hilversum Session' (1964), réédition parue en 2022.
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